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I e s passages-piétons
Une idée reçue qui a la vie dure
I e s passages-piétons
L'article R 412-37 stipule : les piétons sont tenus d'utiliser,
lorsqu'il en existe à moins de 50 m( mètres, les passages prévus à leur
intention"Cet article confisque expressément, au bénéfice exclusif
des véhicules la chaussée sur 50 m de chaque côté du passage piéton et
en interdit la traversée aux piétons. En conséquence, dans les rues à
trafic moyen ou faible trafic où la vie locale est prépondérante (rue
commerçante, rue résidentielle, quartier scolaire) c'est une ineptie de
mettre des passages piétons. En plus c'est un piège, car il est patent que
pour se rendre chez le voisin d'en face ou pour aller de la boucherie d'un côté,
à la boulangerie de l'autre côté, le piéton dans une telle rue n'ira pas
faire le détour jusqu'au carrefour où un passage piéton a été peint. Ce
piège a deux inconvénients majeurs: il habitue l'enfant à l'idée que
l'on peut transgresser une règle (c'est grave). Il rend le piéton
responsable en cas d'accident (indépendamment de la loi Badinter), et
l'accident serait classé sans suite.
Concernant les accidents et la sécurité sur les passages piétons:
environ 100 à 150 piétons sont tués tous les ans sur les passages piétons.
En conséquence, il ne faut jamais dire aux enfants" passage protégé"
ni employer ce terme. Il ne faut pas non plus penser ou espérer que
l'automobiliste respectera plus le piéton si l'on met un passage piéton:
c'est un leurre.
En général, I'automobiliste aura le réflexe de penser que le piéton
qui s'engage ferait mieux de traverser après que lui, automobiliste, sera
passé. Mais derrière lui, I'autre automobiliste pensera la même chose. Il
s'en suit ce constat étrange, que le piéton ne bénéficie en fait de sa
priorité de passage que lorsqu'il n'y a pas de voiture ! Inversement, si
dans ces rues à trafic moyen, ou faible, il n'y a aucun passage piéton,
cela se passe beaucoup mieux pour plusieurs raisons: L'automobiliste ne se
"lance" pas entre deux passages piétons et circule un peu moins
vite, il n'admoneste pas le piéton qui traverse hors passage, et ne force
pas le passage. Le piéton, quant à lui, se meut avec une vigilance
naturelle et constante. Il faut en effet se souvenir que la priorité du piéton
lors des traversées de chaussées est la même lorsqu'il traverse sur un
passage piéton, que lorsqu'il traverse dans les rues où il n'y a pas de
passage piéton. Le passage piéton ne rajoute aucune priorité au piéton
car il l'avait déjà avant qu'on mette le passage piéton: article 415-11:
".Tout conducteur est tenu de céder le
passage aux piétons régulièrement engagés dans la traversée d'une
chaussée" -
Est-ce à dire qu'il ne faut pas de passages piétons ?
Non ils sont justifiés sur les grande artères. Sur ces voies
importantes, les passages piétons sont de préférence implantés aux
carrefours à feux tricolore. S'ils sont implantés "hors
carrefour", en section courante, il faut exiger un refuge central,
sinon on n'a rien gagné en sécurité (lorsqu'on implante un refuge,
veiller aussi à laisser quatre mètres au moins de chaque côté, pour la sécurité
des cyclistes).Si nous comparons avec les autres pays européens, il est étonnant
de constater qu'en France nous avons dix fois plus de passages piétons que
la plupart des autres pays où pourtant le piéton est beaucoup mieux
respecté.
Que dire de l'agent de police qui se
met au milieu du passage piéton pour"protéger" les enfants ?
Que ce n'est pas pédagogique, ni globalement sécuritaire.
En effet cela habitue les enfants à traverser sans vigilance: c'est donc négatif.
Cela habitue aussi les automobilistes à ne s'arrêter que s'ils voient
l'agent sur le passage piétons: c'est également négatif. Ce qui est
positif par contre, si on "dispose" d'un agent de police c'est de
lui conseiller de se positionner sur le trottoir pour siffler les voitures
qui ne "cèdent pas le passage au piéton" (art. 415-11) et qui de
temps en temps (pas trop souvent) fasse remarquer à un enfant qu'il
n'aurait pas dû courir en traversant, qu'il aurait du regarder constamment
des deux côtés pendant toute la traversée.
En conclusion
- ne demandez pas de passage piéton sur les rues
à faible ou moyen trafic.
- I'implantation d'un passage piéton non muni de
refuge central n'apporte aucune sécurité supplémentaire.
- n'enseignez jamais aux enfants: "ne traverse que sur les passages
piétons", mais enseignez quatre principes
- tu dois traverser sur les passages piétons, s'il en existe dans la rue
(on peut rajouter: a moins de 50 m).
- tu n'es jamais en totale sécurité sur un passage piéton.
- si la rue ne comporte pas de passages piétons, tu as le droit de
traverser, et tu as priorité dans le prolongement d'un trottoir.
- dans les deux cas (rue avec passages piétons ou rue sans passages piétons)
tu cours les mêmes dangers, et tu dois prendre les mêmes précautions : montre-toi,
puis traverse seulement si la voiture s'arrête vraiment, ne cours pas,
et tourne la tête des deux cotés pendant toute la traversée.
Jacques Robin, accidentologue (Pondération mai
2002)
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